Les concerts de musiques électroniques ont un défaut, que l'on pourrait résumer par une question : quel est l'intérêt de voir sur scène un homme tapoter sur le clavier de son laptop ? Certes, l'ordinateur permet parfois des projections d'images au rythme de la musique. Mais la clef ne serait-elle pas d'imaginer de "vrais" outils de spectacle numérique ? Illustration par trois nouveaux instruments.
Ils sont « design », font de la lumière, et leurs
résonances électroniques nous transportent dans des ambiances futuristes. Reste à tester ces nouveaux instruments pour savoir si l’ergonomie, enjeu majeur de ces nouvelles technologies, laisse part à une approche intuitive ou réclame de nombreuses heures de pratique avant de produire sons voire images.
Le
Tenori-on est la dernière création de
Toshio Iwai, artiste japonais dont les installations
plongent les spectateurs dans une œuvre basée sur l’interaction entre le visuel et le son. Il est aussi l'auteur du jeu DS "
Electroplankton". Une soirée de lancement s’est déroulée cette semaine à Paris à la Maison de la Villette (après New York et Montréal); l’instrument y était présenté avec des performances de Robert Lippok (To Rococo Rot), Pole et Suthek, dans un style électro sophistiqué.
"Tenori-on" - Toshio Iwai - 2'54
D'autres artistes expérimentent ces instruments venus d’ailleurs, à l'instar de de Björk qui en a intégré «
Reactable » dans sa composition scénique (un petit exemple
ici). Cet « instrument » comprend une table translucide, une caméra et un projecteur se trouvant sous la table. Sur celle-ci, des artefacts sont à déplacer pour générer des sonorités synthétiques. Démonstration !
"Reactable" - Music Technology Group - 3'32
Cette dernière expérience musicale tient plus de l’installation que de l’instument. Cependant la prise en main semble plus intuitive. Petit démo de son créateur
Golan Levin.
"Scrapple Installation" - Golan Levin - 1'14
A l’heure où la distribution de musique est en pleine ébullition (Myspace
qui signe avec des majors, la création indépendante
qui s’organise ,...), les expérimentations fleurissent de toutes parts. Car, sur ce qu'on appelle le marché de la musique, tous s'accordent sur un point : le salut viendra de la scène, de ces spectacles complets que conçoivent désormais des artistes classiques mais aussi des hommes de multimédia comme
Monolake qui a ravi le Centre Pompidou début avril.