11
février
2009
17:12
Quid des festivals artistiques dédiés aux nouveaux médias
Par Dedale :: @rts :: #206 :: rss
Nous vous parlions récemment de l’apparition de nouveaux festivals de création multimédia en Ile de France (voir le billet du 31 octobre 08). Mais au fait, comment se porte ce secteur en France ?
Petit rappel historique de l’évolution de ces festivals avant de dresser un panorama comparatif international et d’esquisser les enjeux du développement du secteur français.
On assiste actuellement à la multiplication dans le paysage culturel français et international de ces festivals d'un nouveau genre : événements dédiés aux nouveaux médias, aux nouvelles images, aux cultures électroniques, aux nouvelles écritures scéniques, programmes multimédias au sein des manifestations d'art contemporain, de danse ou de théâtre…
Retour sur l’avènement de ces festivals
Tout débute dans les années 80 : c'est l'époque des pionniers des arts électroniques comme le festival Ars electronica à Linz, le CICV à Montbéliard ou le Deaf festival à Rotterdam. Les manifestations restent souvent dominées par les enjeux scientifiques et technologiques, d’ailleurs le public se limite à une poignée d’aficionados. Le véritable essor date en fait des années 90, avec le développement de l'ordinateur individuel, des TIC et des jeux vidéo. En quelques années, les nouvelles technologies imprègnent tous les secteurs artistiques : la musique, les arts plastiques, la danse, le cinéma, le théâtre, le cirque, modifiant les enjeux de production comme de diffusion. Apparaît alors une grande variété de manifestations, telles que Panorama à Tourcoing, Némo à Paris, Bandits-Mages à Bourges, Vidéoformes à Clermont-Ferrand pour ce qui est de la France, et à l’étranger, l’ex Onedotzero à Londres ou la Media Art Biennale WRO à Wroclaw mais aussi Temps d’Image en Europe, Vooruit Festival à Gand, Sonar à Barcelone, STRP à Eindhoven …
Quel est le positionnement de la France au regard des festivals internationaux ?
La France reste très en retard dans la production et la diffusion de la création artistique multimédia en comparaison d'autres pays comme les pays nordiques, les Pays-Bas, l'Allemagne ou encore le Canada. Contrairement à beaucoup de nos voisins européens, il n'existe en France aucune organisation de large envergure, comme le ZKM en Allemagne, Ars Electronica en Autriche ou encore V2 aux Pays-Bas. De plus, les artistes français rencontrent de grandes difficultés à produire et diffuser leur travail en France mais aussi sur la scène internationale, où ils sont très peu représentés. Malgré tout, et grâce au soutien du DICRéAM, plusieurs projets importants ont vu le jour ces dernières années à l'instar de festivals comme Emergences en Ile-de-France, Ososphère en Alsace ou encore Seconde Nature en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur.
Ce secteur reste encore sous-développé et partiellement diffusé car il souffre de plusieurs handicaps : une culture numérique encore trop jeune, avec des difficultés d'acquisition de la part de certains publics (défavorisés, anciennes générations), l'absence d'analyse et de recul critique (compte tenu du développement éclair des nouveaux usages et des TIC) et un véritable déficit de médiation et d'éducation numérique.
L'enjeu des prochaines années pour ces nouvelles pratiques artistiques en France est d'obtenir une véritable reconnaissance de la part des pouvoirs publics. Contrairement aux annonces, on assiste à un fort désengagement de l'Etat dans le domaine de la création multimédia. En 2008, le gel massif de financements a marqué un véritable coup d'arrêt à de nombreuses activités prévues cette année là . Comment engager, sans le soutien de l'Etat, le nécessaire chantier de structuration de la filière qui permettra de créer les conditions d'un partenariat dynamique avec le secteur privé et les industries culturelles ?
A bon entendeur...
Emergences 2008 - Julie Guiches-studiopublic.org
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