Le 11 septembre, les attentats contre les tours jumelles à Manhattan et celui contre le pentagone (dont la symbolique a marqué à un degré moindre) c'était il y a 8 ans. Tremblement de terre médiatique, invasion de l'Afghanistan, la suite est toute aussi dramatique que cet après-midi qui a scotché des millions de personnes devant leur écran de télévision.
Peut-on détourner cet événement, en rire, l'utiliser pour une campagne de publicité, en faire un jeu vidéo?


Des films ont déjà été tournés (souvenez-vous le film d'Oliver Stone, pudiquement intitulé World Trade Center) mais également des documentaires (celui choc des frères Nodet, ou l'incontournable Farhenheit 9/11 du non moins incontournable Michael Moore).
Des campagnes de publicité s'en sont déjà largement inspiré. La plus connue, celle pour le magazine belge Humo, tiré d'une série de publicité "les plus agressives du monde": "Lire Humo peut avoir des conséquences graves".



Avant ou après les attentats, les tours jumelles ont été plusieurs fois mises en scène pour vendre des produits.

Ou pour mettre en garde contre d'autres menaces.
Le graphiste Timothée Mathelin a imagine cette campagne contre le Sida en Afrique: chaque jours, le Sida fait autant de ravages que 3 attentats contre le WTC



Les attentats du 11 septembre sont susceptibles de choquer, de faire réflêchir, participent au devoir de mémoire, et à l'occasion, rapportent de l'argent.

Oui mais peut-on en rire? Peut-on s'en amuser dans un jeu vidéo dont l'issue est connue: l'écroulement des tours jumelles?
La réponse est visiblement "non".

Douglas Edric Stanley (lire son interview ici) artiste américain vivant en France en a fait l'expérience. Pendant la Games Convention 2008, son oeuvre interactive basée sur le jeu Space Invaders proposait aux joueurs de contrer les attaques contre les tours jumelles.




crédit photo: http://www.gameblog.fr

Problème : leur mission était vouée à l'échec, la chute des tours étant inéluctable. L'auteur se défend, arguant que "comme dans l'original, le challenge se révèle voué à l'échec, formulant une critique claire de la stratégie guerrière actuelle". L'oeuvre a été retirée dans les deux jours, suite à la levée de boucliers qu'elle avait provoqué aux Etats-Unis. Alors, jusqu'où peut-on aller sur le sujet?