Presse, télévision, internet, mobile... A l'heure de la convergence, les utilisateurs délaissent-ils les médias "historiques" du XXe siècle au profit des nouvelles technologies?



Aujourd'hui on croise de plus en plus de personnes (notamment parmi les jeunes générations) qui passent plus de temps sur leur ordinateur que devant la télé (voire qui se débarrassent définitivement de leur petite lucarne). Ces super-connectés n'achètent plus le journal mais le lisent en ligne, écoutent des podcast sur leur ipod et téléchargent de la musique sur leur mobile. Ces nouveaux modes de consommation des médias révèlent une tendance qui commence à se confirmer en chiffres.
Alors que la presse est en crise, l'industrie musicale se cherche un nouveau modèle économique et les audiences des grandes chaînes de télé, même celle de l'"indétrônable" TF1, déclinent depuis le dernier trimestre.

Dans le même temps, avec 750 millions d'utilisateurs dans le monde, passant en moyenne 11h20 par semaine en ligne (pour un internaute européen en 2006 - Source : EIAA), internet devient incontestablement un média de masse.
En ce qui concerne le téléphone mobile, on compte 3,25 milliards d'usagers à la fin 2007, ce qui en fait un des objets personnels les plus possédés au monde. Dans de nombreux pays développés, le nombre des utilisateurs du mobile dépasse même celui de la télévision, de la radio et de l'Internet, et sa durée d'usage est en constante progression (de 119 mn par mois par utilisateur européen en 2002 à 153 mn début 2007).

Et c'est encore plus flagrant si l'on observe, le "nerf de la guerre": les recettes publicitaires. Aujourd'hui le marché mondial de la publicité "médias" affiche une croissance de 5.2% en 2007 (selon l'IDATE), pour s'établir à 450 Milliards USD. La presse et la télévision dominent largement ce marché, concentrant plus des trois-quarts des investissements publicitaires totaux. Mais selon la même source, les investissements publicitaires sur Internet devraient croître de 76% au niveau mondial entre 2006 et 2009, alors qu'ils ne devraient progresser que de 16% en télévision et de 9,5% en presse. Dès 2009, Internet devrait devenir le troisième support média derrière la presse et la télévision.

Pour le moment, l'investissement dans le mobile est encore à la traîne. Il représente aujourd'hui moins de 1% des dépenses publicitaires des annonceurs, et ce malgré une progression de 75% entre 2006 et 2007. Mais c'est sans compter le décollage de l'internet mobile qui pourrait généraliser les usages dans les prochaines années et attirer alors en toute logique les annonceurs.

La balance semble avoir déjà irrémédiablement basculé en faveur des nouveaux médias...
On a même vu récemment Orange concurrencer Canal plus dans l'enchère des droits de diffusion de la Ligue 1 de football.
Pourtant, ce n'est pas vraiment une guerre qui s'annonce mais plutôt une évolution technologique, une "révolution numérique" comme certains aiment à la nommer...