Actuellement sur les écrans, une expérience inédite: J'aimerais partager le printemps avec quelqu'un, le premier film entièrement tourné avec un téléphone portable à être distribué en salles.



A l'origine, c'est une commande du Festival Pocket Films qui a confié à Joseph Morder un "téléphone caméra" pendant le printemps 2007.

Durant trois mois, le réalisateur a choisi de braquer la mini-caméra sur lui. Une forme de journal intime qui divague de rencontres en introspection avant de pencher vers l'autofiction.
Anniversaire de la mort de son père, rencontre d'un jeune éphèbe sur le pont-neuf, élections présidentielles... Joseph Morder commente ou met en scène ces non-événements dans une suite de séquences approximatives et souvent ennuyeuses.

L'absence de réel fil conducteur n'est pas le plus gênant. Les imperfections de l'image et du son non plus.
La faillite du projet réside surtout dans l'ignorance de l'originalité du support. Malgré ses intentions expérimentales :
Ce qui m'intéressait, c'était comment trouver une écriture spécifique au téléphone portable caméra en plongeant dans l'inconnu. Par ailleurs, le film est aussi une interrogation constante sur un nouveau format, qui me rappelle mes débuts en Super 8. Je considère que la caméra du téléphone portable en est actuellement à un stade entre l'enfance et l'âge adulte : celui de l'adolescence. L'image, généralement de très bonne qualité, est parfois encore un peu floue, pixélisée. Cette image " imparfaite " m'intéresse."

Joseph Morder se sert du téléphone comme d'une caméra mais n'utilise pas toutes ses ressources en tant qu'objet mobile. Accessoire intime certes, mais aussi discret, portable, toujours sur soi et surtout outil de communication...
Il se filme beaucoup chez lui, face à un miroir et passe son temps à commenter ou critiquer les limites techniques de la caméra (exposition, contre-jour, son...) au lieu de les exploiter.

Dommage! Espérons que cette expérience ratée ne découragera pas des auteurs plus inspirés. On l'a vu à l'occasion des nombreux festivals de films , le mobile peut se montrer une fabuleuse source de créativité.