Dans nos sociétés occidentales, le téléphone mobile apparaît parfois comme un gadget futile dont on ne peut plus se passer... Il peut se montrer beaucoup plus "utile" dans les pays en développement.

Certains économistes commencent à penser que cet outil de communication est un facteur crucial de croissance qui pourrait réduire la pauvreté. Cette technologie stimulerait l'économie des pays en développement en boostant l'activité des petits métiers et en désenclavant les zones rurales. Pour bénéficier des services d'un mobile, inutile d'avoir une adresse permanente ni même d'avoir l'électricité chez soi. En outre, un mobile ne profite pas à une seule personne mais peut "connecter" tout un village.



Le téléphone portable de Halima Documentaire d’Olga Prud’homme, 2007, 52’

Un exemple en Inde (trouvé sur le site de la Banque mondiale):
Des pêcheurs du Kérala ont été équipés de téléphones mobiles. Ils ont alors été capables d’appeler divers marchés et de fixer leur prix de vente avant même de décharger leurs poissons sur les quais. En quelques semaines, les fluctuations du prix du poisson ont diminué, augmentant les profits des pêcheurs de 9 % et réduisant les prix à la consommation de 4 %.

Certains arguments en faveur du mobile rejoignent la philosophie de la microfinance.
En vidéo, la démonstration d'Iqbal Qadir, qui s'est inspiré de la banque de microcrédit GrameenBank fondée par Muhammad Yunus (prix Nobel de la Paix 2006) pour créer la société Grameenphone au Bangladesh en 1997. En introduisant les téléphones mobiles dans les villages, il sort les populations de l'isolement et les aide ainsi à se développer. Selon lui, Connectivité = productivité.Nous avons déjà parlé du projet Village Phones sur le site Culture mobile.



Cette expérience a été suivie par la réalisatrice Olga Prud'homme. Dans le documentaire, Le téléphone portable de Halima (2007, 52’), on suit l'histoire d'une paysanne pauvre du Bangladesh. En mai 2000, elle obtient un mobile grâce à un micro-crédit proposé par la Grameen Bank. C’est le premier téléphone jamais installé dans ce village. Retour chez Halima en janvier 2007. Qu'est-elle devenue ? Le film raconte son évolution et celle de son entourage. Vous pouvez en voir quelques extraits en vidéo ici.

Le mobile rend-il les populations plus autonomes ou crée-t-il une nouvelle dépendance? Oui, le mobile peut-être un facteur de développement mais comment pourrait-il nourrir des bouches affamées? Beaucoup de questions restent sans réponse. Pour trouver une solution, il faut déjà poser les questions.



Pour en savoir plus sur le mobile contre la pauvreté:
Un article du New York Times consacré à ce sujet (en anglais).
Un dossier sur le site Youthink de la Banque mondiale qui expose différents programmes sur tous les continents (en français).
Le dossier de Culture mobile sur les pays émergents