culture mobile_le blog

4
septembre
2007
22:46

La ville intelligente au cœur du festival Emergences fin septembre

Smart cityDans la continuité de son programme "Territoires numériques" mis en place en 2004, la cinquième édition du Festival Emergences inaugure une nouvelle thématique intitulée "SMART CITY".

Il s'agit de mettre en place sur plusieurs années un important chantier artistique consacré aux nouveaux enjeux liés aux mutations de la ville d'aujourd'hui. Ce chantier se traduira par un travail de recherche, la production de projets in situ et en contexte, et l'organisation d'événements en France et à l'étranger.

L'édition 2007 d'Emergences, constitue la phase de lancement et de préfiguration de ce projet. Elle présentera un workshop international réunissant des jeunes architectes, artistes et chercheurs européens, une exposition et des soirées (spectacles, concerts, performances) fin septembre à la Maison de La Villette.

Plus d'informations en ligne : http://www.festival-emergences.info

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

3
septembre
2007
16:04

Culture d'univers

Culture d'univers de Franck Beau CULTURE D’UNIVERS
Jeux en réseaux, mondes virtuels, le nouvel âge de la société numérique.

Franck Beau
Ouvrage collectif coordonnée par la FING et GET/Telecom Paris

Editions FYP en collboration avec FING
http://fypeditions.com
Distribution Pearson Education France
2007


« J’y suis. Là-Bas. Pleinement. Dans un monde imaginaire au milieu d’un camp inconnu traversé de multiples personnages. Ceux d’autres joueurs bien sûr, je les reconnais par leur nom, affiché au-dessus de leurs tête. (…) A petites foulées, je déambule désormais au milieu de paysages fantastiques, dignes des meilleurs films à grand spectacle. »

Culture d’Univers n’est pas un livre à la lecture linéaire, plutôt un voyage à travers ces mondes virtuels, avec feuille de route pour le lecteur-voyageur. 8 zones à explorer : description, expédition ethnographique, la question de l’addiction, économie, production, retour au réel et bilan provisoire de cette expédition. Ce qui distingue le jeu vidéo de l’univers en 3D dont Second Life est devenu le symbole – mais il existe bien d’autres mondes, c’est peut-être la dimension sociale, et cette question posée dans l’un des chapitres « Vers des sociétés virtuelles ? » Pour y répondre, des récits, des entretiens avec des experts, autour de ce trio : le joueur, le producteur, l’universitaire. Des tags (mots-clefs) et un glossaire complètent l’équipement. Aucune généralité inutile dans cet ouvrage collectif, mais un véritable arsenal de témoignages précis et pertinents pour nous faire pénétrer à l’intérieur des mondes et de leurs rites.

Dans ces univers, il ne s’agit plus seulement de jouer, même si plusieurs chapitres sont consacrés au jeu, à son histoire, à ses secrets, ses astuces. Il s’agit d’habiter, de vivre, d’échanger avec les autres. Un échange qui peut devenir commerce. On s’aperçoit que les jeux comme les mondes virtuels sont très structurés : des règles de vie communautaires et leurs déviances s’inspirent des lois et des rites terrestres, avec la fantaisie en plus. Des « guildes », des « clans » accompagnent le joueur, des « Mr.Président » ou des pharaons prennent la tête de royaumes, se font élire ou battre, des wizards ou sorciers, des chefs de mafia exercent leur influence bénéfique ou maléfique. En ce sens, ces communautés virtuelles, ces mondes persistants qui datent des années 90 sont une métaphore d’Internet : un espace d’autonomie, où ceux qui ont appris les règles peuvent prendre un pouvoir économique ou médiatique dans « une ère renouvelée de la communication ».

« Comment est-il possible que l’on fasse de l’argent réel à partir d’un jeu ? » demande Irvin Bearca, l’avatar de Franck Beau, l’auteur principal de Culture d’univers, dans un dialogue avec un autre avatar, Mars. « Il ne faut pas le voir comme des espaces où l’on achète une fausse paire de chaussures que l’on ne pourra jamais porter, mais comme un espace où le fait d’avoir telle paire de chaussures permet d’accéder à une autre partie de l’expérience ». C’est cette « expérience » qu’il est si difficile de saisir quand on ne la vit pas personnellement. Cette « Ã©cologie de l’échange se met en place pour produire des choses qui n’existent pas ailleurs. » Les compétences s’agencent, s’ajoutent, et pour cela il faut faire des acquisitions de valeurs étranges, armures ou pouvoirs, et même des ailes d’ange, offertes par un joueur à un autre joueur. Un monde où on peut « rallier une ville à l’autre à tire d’aile, ou encore « se déplacer sur des montures en forme de loups ou de grands lézards » finit par être plus réel et plus attirant que la « vraie vie », celle où on nous annonce l’augmentation du prix de la baguette et du croissant au retour de vacances pluvieuses.

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

2
août
2007
16:53

Les mobiles « biométriques » nous préparent-ils un avenir à la Big Brother ?

Mobile biométrique

Prototype d'Oki

Une innovation, dans les brèves datées du 23 juillet sur Culture Mobile, m’a particulièrement inquiété. Je cite :

« Le groupe d'électronique japonais Oki a annoncé avoir conçu le premier système d'authentification biométrique pour mobiles, basé sur la reconnaissance de l'iris de l'oeil. Soit une véritable innovation qui, comme Oki ne l’a sans doute pas anticipé, nous rapproche du monde tel que décrit par le film Minority Report de Spielberg, d’après une nouvelle de Philip K. Dick. Destiné à des mobiles équipés d'un appareil photo, le programme permettra de confirmer l'identité de l'utilisateur grâce à une image de son oeil. Cette fonction de sécurité pourrait être employée lors de certaines transactions sensibles effectuées avec un terminal cellulaire comme les achats en ligne, le paiement en boutique par porte-monnaie électronique ou la consultation de données confidentielles. Il n’y aurait donc pas de quoi s’inquiéter. Sauf que les gens d’Oki expliquent dans leur communiqué de presse que l’ensemble logiciel de leur innovation, qui n'exige pas un processeur ultra-puissant et tourne sous différents systèmes d'exploitation (OS), peut également être intégré dans d'autres types d'appareils que les téléphones portables. »

Ai-je tort ou ai-je raison de penser aux « dystopies » (ou utopies négatives » de George Orwell ou Philip K. Dick ?

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

Le Web 2.0 est-il vraiment une révolution ?

Selon Jean-Louis Missika, aujourd'hui acteur majeur de Free, ce qu'on appelle communément le « Web 2.0 » est une révolution. Et une révolution profondément démocratique car elle remet le pouvoir entre les mains des internautes, créateurs de tout cet « UGC » ou « User generated content ».

Citation :
« C'est une vraie révolution, parce que c'est la rencontre de ces aspirations socio-culturelles et de ces nouveaux moyens techniques. Pour moi, la révolution Internet s'apparente à celle de l'imprimerie. Il y a un avant et un après l'imprimerie. Avant l'imprimerie, les textes étaient inaccessibles. Comme le montre Umberto Eco dans Le Nom de la Rose, ils étaient d'ailleurs enfermés dans des bibliothèques qui étaient elles-mêmes enfermées dans ces espèces de forteresses qu'étaient les abbayes. Et ces abbayes étaient perdues au milieu de nulle part. Le savoir était donc inaccessible pour le commun des mortels. De plus, les textes variaient d'un exemple à l'autre, parce qu'ils étaient copiés à la main. L'invariant du texte, fondamental pour la recherche scientifique, n'existait pas. C'est tout ça que l'imprimerie a révolutionné. Dites-vous bien que ce que nous vivons aujourd'hui, c'est l'équivalent de ça. C'est-à-dire une accessibilité qui devient quasiment illimitée et gratuite d'un côté, et de l'autre côté la possibilité pour n'importe quel consommateur de devenir producteur s'il le souhaite. »

À l'image de la référence à Ché Guevara, « Power to the people », tout de même un peu forte de café (et en plus j'en suis l'auteur schizophrène !), je me demande si le mot « révolution » n'est pas totalement exagéré... D'abord, ils ne sont qu'une minorité d'internautes à être réellement créateurs sur ce fameux Web 2.0. Ensuite ces internautes bossent gratuitement pour des multinationales des médias, anciennes comme News Corp (MySpace) ou plus neuves à l'instar de Google (YouTube). La question essentielle, c'est : ce « Web 2.0 » remet-il en cause tout ou partie de notre modèle de société capitaliste ? Je doute, et je pose cette interrogation à tous sur le blog de Culture Mobile... Le débat est ouvert.

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!