culture mobile_le blog

3
février
2008
18:04

La batterie, le mobile s'en charge !

Des chercheurs de Rutgers University aux Etats-Unis et Cambridge (Royaume-Uni) étudient la possibilité de rendre nos téléphones mobiles plus intelligents dans la gestion de leur batterie (Context-aware Battery Management for Mobile Phones: A Feasibility Study) .

Leur idée est d'utiliser la géolocalisation et la manière dont l'utilisateur communique pour aider le mobile (et surtout son propriétaire) à mieux gérer la consommation de sa batterie. Lorsque le téléphone se trouve à proximité d'un endroit où il a déjà été chargé, il alerte son utilisateur s'il estime avoir besoin de "nourriture" électrique...
Cette estimation s'appuie sur l'analyse des logs de l'utilisateur : qui il appelle et à quelle fréquence. Elle est capable de prédire la consommation téléphonique journalière d'un mobile à quelque 12 minutes près.
De son côté, l'appareil se géolocalise automatiquement dès qu'il est branché à une alimentation électrique et garde le lieu en mémoire.

La combinaison de ces informations permet au téléphone d’estimer dans combien de temps il faudra le recharger et d’alerter son possesseur s'il se trouve à proximité d'une source.
C'est un peu comme une personne qui planifierait ses repas selon les endroits où elle se rend et les activités qu'elle a programmées plutôt que d'attendre d'avoir faim pour se sustenter.

sources : FING, The New Scientist

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

25
septembre
2007
16:50

Votre mobile devient vidéoprojecteur !

Ou comment les "signaux faibles" deviennent des tendances…

SMS Guerilla ProjectorSMS Guerilla ProjectorSMS Guerilla Projector
"SMS Guerilla Projector" (source url en bas de l'article)

Le "SMS Guerilla Projector" est un dispositif génial qui prend les messages qui lui sont envoyés par SMS, pour les projeter sur toutes les surfaces : façades d'immeubles, portes, panneaux routiers, vêtements… Avec ce procédé, toutes les surfaces deviennent ainsi potentiellement des écrans de téléphones mobiles. Conçu par le studio Troïka, un collectif de designers artistes londoniens, cet appareil est relié à un téléphone mobile. Cet ingénieux système de projection ressemble à un révolver doté d'un silencieux! Troïka a notamment utilisé ce système pour un concert du groupe britannique "The Streets". Ce "bricolage" ingénieux (voir photos ci-dessus) a été crée voici quelques années et était généralement perçu comme une idée un peu farfelue, en décalage avec la réalité… Et pourtant, aujourd'hui, la projection de textes SMS ou de vidéos à partir de son téléphone mobile va devenir une réalité pour tout le monde grâce aux recherches menées, entre autres, par Texas Instrument.

DLP(R) Pico-Projector in phone prototype
DLP(R) Pico-Projector in phone prototype. (PRNewsFoto/Texas Instruments)

En effet, Texas Instrument vient de créer un prototype intégrant un micro-vidéoprojecteur dans un mobile. Cette semaine, une vidéo circule sur le net et montre les prouesses techniques d'un tel dispositif : vous pouvez projeter une vidéo sur un mur (le mur de votre chambre par exemple) à partir du téléphone lui-même! Aujourd'hui équipé d'un LASER, l'utilisation de LED pourrait améliorer, selon les concepteurs, les performances d'affichage du projecteur-mobile (avec une meilleure résolution que celle obtenue actuellement). Vous pourrez ainsi visionner un film de taille appréciable, et non plus seulement le visionner sur le petit écran de votre terminal mobile.

Ce n'est pas un simple gadget, ni un simple agrandissement de l'image, c'est une véritable mutation des usages audiovisuels liés à la mobilité. L'écran n'étant plus incorporé dans l'objet que vous tenez au creux de la main (votre mobile) mais étant projeté face à vous, toutes sortes d'usages encore impossibles aujourd'hui peuvent alors émerger : on pourrait regarder un film à plusieurs (l'image étant assez grande), le terminal mobile (un téléphone ou un PDA) pourrait devenir l'objet interacteur d'une image projetée (un peu comme avec la Wii), la projection pourrait se faire aussi sur une table, sur votre peau, etc.

Que pourrions-nous conclure de cette aventure technique ? Au moins deux aspects: 1) les usages et les pratiques "décalées" (comme peuvent le faire les artistes ou les designers qui expérimentent les nouvelles technologies) précèdent souvent l'innovation technique ; le studio Troïka avec son "SMS guerilla projector" a préfiguré ce qui adviendra massivement dans quelques années : tout le monde aura un "vidéoprojecteur embarqué" dans son téléphone mobile (comme ce qui s'est produit avec la caméra vidéo) ; 2) les évolutions techniques, à leur tour, vont créer les conditions d'émergences de nouveaux usages : les nouveaux instruments ou dispositifs technologiques produisent de nouvelles attentes, de nouvelles attitudes, de nouveaux besoins… Ces deux aspects, loin de s'opposer, s'alimentent l'un l'autre comme un cycle d'innovation entre usages émergents et technologies nouvelles. Le métier de chercheur est aussi celui-ci : repérer les "signaux faibles" d'aujourd'hui, c'est-à-dire détecter et analyser les usages minoritaires, décalés et singuliers, pour anticiper les tendances de demain!


Liens :

Studio Troika :
http://www.troika.uk.com/sms-guerrilla-projector.htm

Prototype de Texas Instrument :
http://popsci.typepad.com/popsci/2007/09/dont-publish-a-.html
http://www.prnewswire.com/cgi-bin/stories.pl?ACCT=109&STORY=/www/story/03-26-2007/0004552878&EDATE=*

Démo vidéo du prototype :

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

11
août
2007
14:15

Les imprimantes 3D seront-elles de vraies petites usines transformant nos bits en atomes ?

Dans l'entretien qu'a accordé Joël de Rosnay à Culture Mobile, il y a un passage étonnant, où le prospectiviste s'attarde sur les « imprimantes 3D » qui, selon lui, ne manqueront pas de nous ravir dans le futur proche.

Le côté fascinant de la chose tient à ce renversement : après la phase de dématérialisation du monde, allons-nous vivre une ère de « rematérialisation » ? Si depuis vingt ans, nous transformons les atomes en bits, selon des gourous comme l'Américain Nicholas Negroponte pour démultiplier nos richesses, allons-nous maintenant passer des bits aux atomes ?

Extrait de l'interview :
« Ces imprimantes 3D existent. Elles ont d'abord été réservées à l'industrie pour faire ce qu'on a nommé du « rapid prototyping », mais les militaires américains en ont également utilisé en Irak pour fabriquer sur place des engrenages et des pièces d'armement. Il faut imaginer une imprimante, qui au lieu d'un simple jet d'encre, projette des particules de plastique, et, selon un modèle 3D auparavant conçu sur ordinateur, constitue une pièce de lego, un gobelet, un taille-crayon, une maquette de maison pour un architecte ou de chaussure pour une marque comme Nike - ce que Nike fait d'ailleurs déjà. Ce n'est pas de la science-fiction ! Une imprimante 3D coûte encore très cher, de l'ordre de 10.000 euros, mais les prix vont comme toujours baisser du tout au tout dans les dix ans qui viennent. »

Et Joël de Rosnay de nous parler, dans un bout de l'entretien que nous n'avons pas retranscrit, de la possibilité de construire de véritables coques de bateau via ces « micro usines personnalisées », qu'il appelle des « Mups » ! Le futurologue de la Cité des sciences nous prédit même pour demain toute une nouvelle industrie de la transformation des bits en atomes...

Est-ce bien sérieux ? La qualité de ces objets « imprimés » en 3D ne sera-t-elle pas déplorable ? Et le public va-t-il marcher ? La perspective d'une nouvelle ère du matériel a quelque chose de réjouissant pour qui aime le canard à l'orage et l'amour peau contre peau, mais je me demande si ce n'est pas qu'un rêve de prospectiviste.

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter à mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!