L'informatique ubiquitaire est en phase de franchir une nouvelle étape avec la vidéoprojection d'interface. Sera-t-elle complémentaire ou remplaçante des supports informatiques classiques? Sachant que ceux-ci subissent une cure d'amaigrissement depuis quelques années : ordinateur de bureau > ordinateur portable > noteBook > tablette tactile / iphone. Jusqu'où là dématérialisation peut-elle opérer sans nous faire perdre nos repères ergonomiques (le couple clavier/souris par exemple). Focus sur trois projets qui annoncent cette transition.
« S'approprier le corps humain comme un « périphérique d'entrée » est séduisant non seulement parce que nous avons environ deux mètres carrés de surface extérieure, mais aussi parce qu'une grande partie de cette surface est facilement accessible par nos mains (par exemple, les bras, les cuisses, le torse) » explique le concepteur de SkinPut, Chris Harrison de l’université américaine Carnegie Mellon, en association avec le pôle recherche de Microsoft. Car Skinput est un système portatif qui projette une interface sur son propre corps. L'interprétation logicielle s'effectue ensuite par des capteurs sensitifs (pression, distance,...) disposés sur un brassard. De plus amples détails seront révélés lors du CHI 2010 d’Atlanta, en avril.
Le Light Touch est un pico vidéoprojecteur qui transforme toute surface plane en écran tactile ; il projette une image de 10 pouces de diagonale (25,4 cm) via la technologie laser (HLP - holographic laser projection). La partie tactile est gérée en infra-rouge. Ces images illustrent des services envisageables dans les prochaines années.
Plus immersif cette fois, une projection murale interactive, "Curious Display", qui réagit avec l'environnement et les objets communicants d'une pièce.
"Last Call" est une première au cinéma. Le spectateur interagit directement sur la narration de l'histoire en conversant via son mobile avec le protagoniste du film. Le déroulement du film dépend des réponses données. Un dispositif novateur qui empreinte quelques clés aux jeux vidéo.
Comme on le voit sur la vidéo, l'héroïne réagit vraiment en fonction des commandes dictées par le spectateur lors de leur "conversation" téléphonique. Cet artifice repose sur un logiciel de reconnaissance vocale qui interprète les instructions et envoie ensuite la bonne scène. En amont, cela suppose de tourner plusieurs scènes, une par choix, lors du tournage. La trame scénaristique doit aussi être pensée en fonction de cette interaction, qui tend à un "scriptage" des comportements à la manière d'un jeu vidéo. La rencontre des deux disciplines paraît inévitable, la dernière production de David Cage, "Heavy Rain", repose d'ailleurs sur un gameplay orienté "film interactif".
Si vous êtes frustrés de ne pouvoir vivre une expérience de la sorte, essayez The Outbreak, un film interactif "on line".
En 2010, la réalité augmentée est à la mode. Sauf qu'elle ne fait que projeter des données virtuelles sur une représentation du monde réel, et qu'elle a encore des limites, dont en particulier l'adéquation des terminaux mobiles à ses performances et services potentiels. D'où une tendance nouvelle, qu'incarnent en toute discrétion certains laboratoires, notamment en Asie : la « réalité mixte ». Il ne s'agirait pas de l'ajout de données virtuelles sur du réel, mais d'une véritable hybridation du réel et du virtuel, permettant une interaction entre des objets et des personnes réelles et virtuelles dans un même environnement partagé. Première illustration, signée par le Laboratoire d'intelligence ambiante...
La qualité des vidéoprojections s'est grandement améliorée dernièrement. Les images couplées à de la programmation offre une intéraction originale avec le public. Découverte des projets Great Street Games, Interactive Shopping Cart et Night Lights.
Rafraîchissons nous la mémoire avant la nouvelle et bonne année!
Voici quelques pistes pour prendre de l'avance sur 2010
L'innovation comme accélérateur le l’investissement -Les atouts du satellite dans la TVHD et la TV mobile - IPTV au cœur du réel décollage de la télévision interactive - Le 3D va-t-il vers un marché de masse ? -Les acteurs de l’Internet vont-ils tirer le marché des ados ? - Le très haut débit à la recherche de revenus dans l’image pour justifier les investissements de déploiement - Energie, matériaux … : Innovations au service de la télévision durable
Innovations en faveur des perspectives d'investissements
Un débat via TechtocTV.
Les intéractions entre l'homme et la machine ont d'entrée nécessité des périphériques intermédiaires pour faire transiter les commandes. Le couple claviers/souris, indétrônable jusqu'alors, doit maintenant évoluer pour répondre aux critères d'usabilité ambiants.
Les souris, qui ont très peu évolué ces 40 dernières années, s'orientent désormais vers le tactile multitouch. Les prises en main entre les différents artefacts (tablettes tactiles, écran multitouch, table de salon interactive,...) devraient s'homogénéïser. Des deux produits ci-dessous, celui d'Apple est le plus séduisant car il s'agit d'un produit déjà commercialisé alors que ces souris de Microsoft sont encore au stade R&D.
Coté clavier, les chercheurs tatonnent encore. La dématérialisation semble envisagée mais ne se concrétise pas par manque de confort pour l'usager.
Si le multitouch s'impose sur de nombreux supports, son ergonomie ne semble pas exempt de défauts. Cette démonstration de Clayton Miller tend à révolutionner notre façon d’interagir avec les ordinateurs en proposant ce concept, 10/GUI.
A noter que les interfaces gestuelles s'immissent peu à peu dans ce paysages d'IHM, mais elles restent avant tout des options, plutôt que des substituts.
Les deux vidéos suivantes sont des démonstrations de prototype mis en place lors de Futur En Seine. L'incrustation d'éléments virtuels dans la captation du décors participe à plonger les spectateurs dans des univers imaginaires.
Héritage 3D rend compte de l'aménagement du cabinet de travail du roi Charles V tel qu’il était au XIVe siècle. Réalisé par Axyz, la solution adoptée est celle des marqueurs (flashcodes) placés comme des tableaux.
"Sur-impression" de l'Image Numérique et Réalité Virtuelle (INERV) en partenariat avec Dassault Systemes s'articulait aussi autour d'un Tablet PC, dirigé par les spectateurs au dos duquel était intégrée une caméra. Sur ces images filmées s’opérait une incrustation de créatures virtuelles réagissant face au comportement des utilisateurs, le tout en temps réel.
A l'opposé des pico-projecteurs qui colonisent frileusement les mobiles, il y a les puissants vidéoprojecteurs qui sont capables de sublimer les architectures extérieures. Cette pratique de "video mapping" peut être prolongée d'une expérience interactive.
Les projections murales d'immense envergure ont franchi un cap dans la qualité de leurs rendus. En 3D et animées, elles jouent avec la perception des passants, habitués à l'aspect statique des bâtiments. En témoigne cette récente démonstration réalisée par Urbanscreen. (voir aussi celle des françaisEasyweb)
(préférez le mode plein écran accessible depuis le player pour apprécier la vidéo)
Comment rendre ce procédé interactif?
Evoke est une installation numérique présentée au festival Illuminating York festival. Une œuvre qui projette des images sur une cathédrale et dont les formes et couleurs, codées par processing, réagissent en fonction des fréquences vocales du public. L'immersion sonore et visuelle est totale.
Layar et Sekai permettront bientôt de déambuler dans une « ville intelligente». Ces deux applications seront très prochainement disponibles aux utilisateurs de l’Iphone et d’Android. Outre les films d'anticipations, la réalité augmentée occupe depuis quelques mois le devant de la scène technologique. Il ne fait nul doute que ce sera l'une des technologies les plus en vogues en 2009. Reliées aux services urbains géolocalisés, ces applications pourraient être les «killer apps» de ces appareils mobiles high-tech.
La quatrième édition du festival Bains numériques d’Enghien-les-Bains (à 15mn de la gare du Nord) se tiendra du 5 juin au 13 juin 2009, gratuit et entièrement dédié à toutes les formes d'expressions contemporaines : créations sonores, visuelles et interactives. La ville devient le temps de ces rencontres une vitrine internationale de la création numérique.
Des rencontres professionnelles sont également organisées les 11 et 12 juin. A partir du constat de la transdisciplinarité des arts numériques, une réflexion sera portée sur les problématiques couvrant les champs d'activités impliqués par le spectacle numérique, de la création artistiques à la mobilité des artistes et des œuvres, à l'aménagement du territoire ou au développement économique durable.
Un concert exclusif du groupe Rinôçérôse et Electronic Shadow sur le lac d'Enghien-les-Bains viendra clôturer le festival comme l’avait fait Gotan Project l’année précédente.