culture mobile_le blog

11
avril
2008
14:18

Trois instruments de musique qui se jouent du numérique

Les concerts de musiques électroniques ont un défaut, que l'on pourrait résumer par une question : quel est l'intérêt de voir sur scène un homme tapoter sur le clavier de son laptop ? Certes, l'ordinateur permet parfois des projections d'images au rythme de la musique. Mais la clef ne serait-elle pas d'imaginer de "vrais" outils de spectacle numérique ? Illustration par trois nouveaux instruments.

Ils sont « design », font de la lumière, et leurs résonances électroniques nous transportent dans des ambiances futuristes. Reste à tester ces nouveaux instruments pour savoir si l’ergonomie, enjeu majeur de ces nouvelles technologies, laisse part à une approche intuitive ou réclame de nombreuses heures de pratique avant de produire sons voire images.

Le Tenori-on est la dernière création de Toshio Iwai, artiste japonais dont les installations plongent les spectateurs dans une œuvre basée sur l’interaction entre le visuel et le son. Il est aussi l'auteur du jeu DS "Electroplankton". Une soirée de lancement s’est déroulée cette semaine à Paris à la Maison de la Villette (après New York et Montréal); l’instrument y était présenté avec des performances de Robert Lippok (To Rococo Rot), Pole et Suthek, dans un style électro sophistiqué.

"Tenori-on" - Toshio Iwai - 2'54



D'autres artistes expérimentent ces instruments venus d’ailleurs, à l'instar de de Björk qui en a intégré « Reactable » dans sa composition scénique (un petit exemple ici). Cet « instrument » comprend une table translucide, une caméra et un projecteur se trouvant sous la table. Sur celle-ci, des artefacts sont à déplacer pour générer des sonorités synthétiques. Démonstration !

"Reactable" - Music Technology Group - 3'32



Cette dernière expérience musicale tient plus de l’installation que de l’instument. Cependant la prise en main semble plus intuitive. Petit démo de son créateur Golan Levin.

"Scrapple Installation" - Golan Levin - 1'14



A l’heure où la distribution de musique est en pleine ébullition (Myspace qui signe avec des majors, la création indépendante qui s’organise ,...), les expérimentations fleurissent de toutes parts. Car, sur ce qu'on appelle le marché de la musique, tous s'accordent sur un point : le salut viendra de la scène, de ces spectacles complets que conçoivent désormais des artistes classiques mais aussi des hommes de multimédia comme Monolake qui a ravi le Centre Pompidou début avril.
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3
novembre
2007
11:16

Sellaband, believe or not believe?



Pour rebondir sur mon post de la semaine dernière: Radiohead ou la musique en 2.0, voici un autre exemple d'alternative à l'industrie musicale classique qui passe par le web communautaire.
Depuis août 2006, le site néerlandais Sellaband, donne à des artistes amateurs la chance de produire leur CD. Le jury? Les internautes appelés believers, qui "co-produisent" les artistes auxquels ils croient.
Comment ça marche? Le musicien met sa démo en ligne. Si l'internaute est convaincu, il achète une part à 10$ (7€) pour le soutenir.
Quand l'artiste réunit 5000 participations (l'équivalent de 50 000 $), Sellaband lui donne la possibilité d'enregistrer un CD. Le tirage à 5000 exemplaires numérotés est alors diffusé aux believers qui ont cru en lui.
Les fans deviennent de véritables partenaires commerciaux. Dans la mesure où ils reçoivent une rétribution sur les ventes, ils ont tout intérêt à faire de la promo pour leur poulain sur leur blog ou leur page Myspace.
Pour le moment, on ne trouve pas encore beaucoup d'artistes français... Exceptée T-Ka, une jeune voix soul qui a presque atteint les 50000 $.
Alors believe or not believe? Allez-vous devenir un de ses producteurs?

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26
octobre
2007
16:36

Radiohead ou la musique en 2.0




Nouveau clash dans l’industrie musicale, le groupe Radiohead a mis son album In Rainbows en diffusion exclusive sur le web le 10 octobre dernier. Offre inédite, ce sont les internautes eux-mêmes qui en déterminent le prix entre 0 à 99 livres sterling (0 et 140€). En toute logique, ils peuvent donc choisir de le télécharger gratuitement en restant dans la légalité.
Cette initiative a déjà fait couler beaucoup d’encre dans les médias traditionnels et de pixels sur les blogs…
A plus forte raison, quand on observe les premiers bilans de l’opération. En trois jours, le groupe aurait déjà vendu 1,3 millions d'albums. Selon une enquête du Times, seul un tiers des internautes auraient opté pour la gratuité. La moyenne du paiement oscille entre 4 livres sterling (6 euros) et 2,5 livres (3,50€).

Des chiffres à confirmer… mais qui révèlent déjà un bénéfice financier considérable à se passer d’intermédiaires, d'autant plus quand on les met en regard de ceux des réseaux P2P. Dès le 10 octobre, l’album In rainbows a été piraté allègrement sur les liens Bit torrent alors qu’il était possible de le télécharger légalement sans rien débourser !
Ce qui n’a pas empêché Radiohead de gagner près de 4 millions d’euros en quelques jours (là encore, c’est une estimation, on lit aussi 10 millions en une semaine) et ainsi de rémunérer largement création et droit d’auteur…

Facile, dégainent les critiques, pour un groupe déjà connu qui a bâti sa fortune et sa renommée pendant l’âge d’or du CD ! Pourtant, on ne compte plus les petits groupes (Arctic Monkeys ou autre Arcade fire…) découverts sur Myspace grâce à leurs titres diffusés gracieusement sur le web. Et les autres? Ils montent sur scène et misent sur les concerts pour vivre de leur art...

Sous ses airs d'électro planante, In rainbows est une nouvelle volée de bois vert pour les majors qui en voient déjà de toutes les couleurs avec la chute des ventes de disques. Après Prince qui met en vente son album avec un magazine l’été dernier, Madonna quitte maintenant la Warner pour s’allier avec un organisateur de concerts… L’industrie du disque cherche définitivement un nouveau modèle économique.

Voie royale pour les stars, tremplin pour les jeunes talents... quel rôle va encore jouer le web 2.0 dans cette nouvelle révolution?
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