culture mobile_le blog

29
septembre
2010
20:48

L'arbre le plus branché du web


talking-tree

"Je suis un arbre et voici ma vie : ce que je vois, entends, inspire et expire. Merci de ne pas trop polluer mon environnement" ; si vous conversiez avec l'arbre du projet Talking Tree, il se présenterait probablement de cette façon. Lorsque l'on a 100 ans, on a tendance à être concis. Pourtant, muni de quelques prothèses, on se reconnecte à son environnement et l'on redevient la pipelette d'autrefois. Dans le cadre d'une campagne de sensibilisation sur l'environnement, Natuurpunt et le magazine scientifique écologique EOS offrent à un arbre ces premiers émois sur le web.
La personnification de ce centenaire du Bois de la Cambre à Bruxelles opère grâce aux multiples conversations établies sur les plateformes sociales. Tel un habitué de l'é-réputation, ses prises de paroles fleurissent de part et d'autres (Facebook, Twitter,...) ; elles s'appuient sur les données enregistrées par l'arbre pour enrichir l'échange : photos sur Flickr, captures sonores sur soundcloud, vidéos webcam retransmises sur Youtube. Extrait :

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter  mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

5
juin
2009
17:10

Meet Your Heartbeat Twin, un gameplay à base d’émotion ?


Meet Your Heartbeat Twin est une expérience ludique d’un nouveau genre : un « jeu urbain » (ou « pervasive game » en anglais). Ce nouveau type d’interactivité fleurit depuis que les mobiles GPS inondent le marché (plus de détails dans ce résumé de la thèse de Chen Yan, spécialiste du jeu ubiquitaire). Là où le prototype de la startup Xilabs innove, c’est en associant un capteur de rythme cardiaque sur chaque joueur. En effet, ceux-ci entreprennent une partie de cache-cache urbain et ne recherche que les personnes dont la fréquence cardiaque est identique à la leur. Tout l’intérêt est de contenir ses émotions lorsqu’on est à deux doigts de rencontrer son «jumeau cardiaque » !

Meet-your-Heartbeat-Twin-Futur-en-seine

Rendez-vous place de la Bastille, au WikiPlaza pour s'y essayer dans le cadre du festival Futur en Seine. Le jeu est lancé toutes les heures pour 10 joueurs (samedi 6 juin de 15h à 18h/ dimanche 7 juin de 14h à 17h).

A l’heure ou l’hyper-connectivité va de pair avec la mobilité, les relations interpersonnelles pourraient se voir «augmenter» par des visualiseurs d'émotions. Illustration poétique avec ce court métrage d'Eric Lerner.

Suivi par un reporter de Tv réalité, un jeune homme expérimente un gadget capable de retranscrire en directe ses émotions.



del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter  mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!

8
octobre
2007
10:48

Quel lien entre une grenouille transparente et du béton translucide ? 1/8

La transparence comme nouvelle utopie sociale, génétique et technologique en 8 épisodes

La transparence, une nouvelle utopie ? Oui, mais c'est une utopie qui a aussi son envers, avec ses zones d'ombres. La mise en transparence généralisée (humains, objets, structures, animaux …) n'est-elle pas une des principales idéologies actuelles ? Quel est le lien secret entre un blogueur qui "ouvre son cœur" et des prisonniers équipés de colliers électroniques, entre des souris modifiées génétiquement et un flipper lui aussi "modifié" ? C'est ce que je vous propose de découvrir en quelques épisodes thématiques en (sur)interprétant le terme "transparence" de manière parfois abusive, volontairement. La liste des différentes sortes de transparences contemporaines pourrait être infinie car elle touche à la fois les symboles et les discours, les pratiques et les matériaux, les représentations et l'imaginaire… La morale (temporaire) de cette histoire ? La transparence apporte aussi un nouveau degré d'opacité, à nous d'en déceler les effets pour mieux y résister !

1er épisode : un moi "transparent" (le vide)

Il y a un discours démocratique qui exige de rendre transparent les institutions (publiques ou privées), les comptes et les acteurs qui les font fonctionner, c'est-à-dire lui donner une visibilité externe qui rende explicite son fonctionnement (et parfois ses ratés) internes. C'est devenu un leitmotiv, d'ailleurs qui s'en plaindrait ?


Le plateau de "Big Brother", Channel 4 (ou le vide comme esthétique)

Mais, poussé à l'extrême, et dans son sens inverse, l'usager devient lui aussi de plus en plus "transparent" par des procédés divers de vérification et de traçabilité. Dans les deux cas, la transparence consiste à "améliorer le système" (c'est ce qui est généralement annoncé) en tentant de lui enlever un peu de son ancienne opacité. Etre transparent est devenu aussi une obsession et les méthodes contemporaines sont pléthores : psychothérapies de groupe, reality tv, vidéosurveillance… Dans chacun de ces cas, la mise à nue d'un soi habituellement caché (volontairement ou pas) est devenue le but ultime. Devenir transparent c'est montrer qu'on a rien à cacher! Devenir transparent c'est faire croire qu'un moi authentique existe, mais le vide guette…

Quelles sont les limites à cette injonction de tout voir et de tout dire, que ce soit collectivement ou individuellement ? La transparence s'exerce aussi, en effet, dans ses aspects les plus quotidiens, au niveau le plus micro, prenant des formes diverses comme celle de l'extimité des blogueurs qui exposent (et s'inventent parfois) une vie intime dévoilée à tous, ou alors comme celle des conversations de tous les jours ("tu es où ?", "tu es avec qui ?", "tu penses à quoi ?", etc.), ou bien encore celle des traceurs de toutes sortes qui rendent transparents vos gestes, vos contacts ou vos déplacements (la géolocalisation, le paiement par cartes, etc.).


Des artistes se sont emparés de cette survisibilité en se chargeant par eux-mêmes de rendre public leur vie privée. Par exemple, un artiste blogueur, équipé d'un GPS et d'un moniteur cardiaque, "ouvre son cœur" dans tous les sens du terme aux internautes dans le blog "My Beating Heart Data Blog": un diagramme cardiaque couplé à une géolocalisation illustre les pensées et les actions les plus privées de cet homme. Le moyen de résister à la surveillance est peut-être de la prendre à bras le corps en créant une esthétique du contrôle ?

del.icio.us it! Digg it! Blogmark it! Ajouter  mes favoris Technorati Fuzz it! Scoop it!